Prendre le temps… de perdre son temps.

On dit souvent qu’avec l’âge, on n’a plus de temps à perdre.
Et si c’était tout le contraire ?

À quelques jours de mes cinquante ans, je viens de m’inscrire, à nouveau, sur Tinder.
Et on ne va pas se mentir : je sais que c’est une perte de temps.

Je ne suis plus naïve.
Certaines histoires sont, dès le départ, des pertes de temps annoncées.
On le sait. On le sent.
Et pourtant, on y va.

C’est paradoxal, parce qu’en avançant en âge, le temps devient encore plus précieux.
On prend conscience qu’il n’est pas une ressource renouvelable.

Alors pourquoi continuer à entrer dans des récits dont on connaît déjà l’issue ?

Nos vies sont faites de choix et de successions de phases.
L’âge n’est peut-être pas l’élément déterminant, mais la phase dans laquelle on se trouve.

À certaines périodes, on veut construire.
Se projeter, bâtir, se rassurer.
On veut que nos choix aient un sens, une direction.
Chaque engagement est porteur d’une promesse.

Et puis il y a d’autres moments.

Quand on a déjà parcouru ce chemin.
Quand on a déjà aimé, construit, chuté, recommencé.
Quand on n’a plus rien à prouver, ni à soi, ni aux autres.

Alors on peut choisir autre chose.

Vivre l’instant présent.
Sans projection.
Sans plan.

L’important n’est plus de bâtir, mais de ressentir.
De vibrer.
D’être là.

On assume de ne rien construire.
On accepte de perdre son temps.

Parce que perdre du temps, parfois, c’est vivre.

La question n’est plus de perdre son temps,
mais de s’assurer que l’on ne sacrifie plus de bon temps.

Et ça aussi, c’est un choix.

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