Dans le métro.
Cette semaine, je suis une formation d’initiation au code.
C’est à l’autre bout de Paris.
Alors, pour la première fois depuis des mois, je prends le métro aux heures de pointe.
Cette formation, c’est une bonne chose.
Depuis des mois, je me suis repliée sur moi.
Pour garder le contrôle sur mes émotions.
Pour ménager ma santé mentale.
Pour panser mes plaies…
Tout plutôt que resombrer dans la dépression.
Je pensais avoir réussi.
Sans gloire ni esbroufe, mais une réussite solide.
Et ce matin, dans ce métro, je réalise que je n’ai rien maîtrisé.
J’ai juste anesthésié l’angoisse.
Elle est toujours là.
Vivace.
Dès que je sors de ma zone de confort.
Dès que je quitte mon petit cocon d’écriture.
Mes habitudes, mes rituels m’ont protégée.
Mais ils ne m’ont pas guérie.
J’ai peur.
Rien ne va.
J’ai tellement grossi que je n’ai plus aucun vêtement correct à ma taille.
Je n’assume pas mon reflet dans le miroir.
C’est violent.
C’est mon objectif 2026 : perdre 20 kilos minimum.
Mais là, on est le 12 janvier, et ils répondent tous à l’appel.
En regardant les gens debout autour de moi dans la rame, je me dis :
pour reprendre un emploi salarié, il faudrait que je fasse ça tous les matins.
Et les soirs aussi.
C’est à ce moment-là que l’angoisse a repris le contrôle.
Guérit-on d’un burn-out ?
Guérit-on vraiment,
ou la sensation d’étouffement, de danger imminent,
reste-t-elle à jamais ancrée dans notre système nerveux ?
Encore une fois, écrire me sauve.
Je suis arrivée.
