Lundi 27 avril 2026
J’ai failli annuler l’anniversaire samedi.
L’angoisse de rencontrer des gens que je ne connais pas du tout.
Celle de devoir composer avec d’autres, que je connais,
mais que je n’apprécie pas particulièrement.
Le restaurant, oui.
La péniche, pas ce soir.
Papy Rock organisait une soirée concert à deux pas.
Une alternative pour finir la soirée pas trop tard et rentrer avec le dernier métro.
Papy Rock veut diner au restaurant. Pas pour moi, pour le menu.
Au milieu d’inconnus, sa présence me donnera une contenance.
Le diner est à 20 heures. Sa soirée concert commence à 21 heures. A lui de gérer.
J’arrive au restaurant un peu en retard. Papy Rock est déjà là.
Je me sens mal à l’aise. Trop tard pour annuler.
Plusieurs invités sont déjà présents.
L’angoisse monte.
Je ne sais pas comment me comporter avec Papy Rock.
Ce n’est pas un inconnu.
On a baisé toute une soirée, tout de même.
Mais je ne l’apprécie pas vraiment.
Pire : physiquement, il me plait.
Dès qu’il ouvre la bouche, je me crispe.
On fête les 50 ans de mon ami.
Tout le monde a à peu près le même âge.
Y compris moi.
Je me sens en total décalage. Pas à ma place.
Les autres femmes sont hyper apprêtées.
Je suis à peine maquillée, en tongs.
Derrière moi, j’entends que ça parle de One Piece.
Un groupe de jeunes geeks. Une bouffée d’oxygène.
Je m’incruste. Ça les amuse. Ça me détend.
L’apéro traine. On attend les retardataires.
Papy Rock montre des signes d’impatience.
Je me sens responsable.
On discute. Ses dernières sorties.
Il prévoit une sortie canoé avec la jeune femme de la dernière fois.
Celle qui lui plaisait mais qui l’avait recalé à cause de son âge.
Ça pique l’ego. Fin de mes efforts de conversation.
Il part, sans diner, à son concert.
Enfin, on passe à table.
Je me demande bien ce que je fous là.
Envie de fuir. Je ne peux pas.
Trouver une place à table… Je me réfugie à l’extrémité de la plus petite table.
Deux couples s’installent autour de moi.
J’ai de la chance. Le feeling passe bien tout de suite.
Les deux femmes sont très différentes.
L’une, face à moi, la petite trentaine me rappelle mon amie Julie, naturelle et drôle.
L’autre, assise à ma gauche m’impressionne un peu.
Très belle, très classe. Le genre de femme à côté de qui
je me sens un brouillon de féminité.
Leurs hommes respectifs sont agréables.
Contre toute attente, la conversation est fluide.
Je parle de mes romans.
Ils sont si réceptifs que je retrouve un peu de motivation.
Les couples racontent l’histoire de leur rencontre.
Deux couples « recomposés ».
Ça pourrait être notre histoire aussi, à Mr Connard et moi.
Celle d’un couple, heureux, après un mariage malheureux.
Petit pincement au cœur. Ça existe, la preuve.
Mais pas pour moi.
Je ne peux pas dire que c’était une bonne soirée.
Trop de sentiments contradictoires.
Dimanche, je me suis réinscrite sur Tinder et Hinge.
J’ai rencard demain soir.