L’insolence du soleil. C’est le printemps. Les prémices.
L’énergie est là, renaissante et pourtant, j’étouffais.
Toujours les mêmes lieux. Toujours les mêmes personnes. Les mêmes conversations. Des habitudes devenues rituels. Un carcan qui m’enferme en douceur et sécurité.
Je suis libre. Rien ne me retient vraiment.
Il fait si beau, je veux respirer.
Un train. Un hébergement insolite : minuscule voilier accosté dans une marina 3 étoiles.
Sur le bateau, je n’ai aucun repère. Je me sens intimidée et gauche.
Je m’abandonne aux sensations.
Le mouvement léger de l’eau quand je déjeune sur le pont.
La vibration des sabots sur le sable au passage des chevaux de course en plein entrainement.
L’odeur de la marina en fin de journée. Indéfinissable… Ça m’évoque l’enfance, les heures de pêche autour d’un étang d’eau stagnante. Lourd et poisseux… C’est ça !
Une parenthèse hors du temps. Je retrouve la mémoire.
Il y a trois ans, en Grèce. Le soleil. La mer. Le bateau. Une révélation : une vie ailleurs. Une vie autrement.
J’ai délaissé ce rêve. Pourquoi ? Tout est encore possible.
