C’était hier.
Le chiffre est tombé, officiel : j’ai 50 ans.
Ni drame, ni réjouissance.
Un fait chronologique, inévitable.
J’ai bien envisagé de tricher, de travestir le nombre… sans succès.
Finalement, le plus difficile n’est pas le chiffre, mais la symbolique que l’on y raccroche.
Moi, j’y accroche l’image de ma mère.
Vieille avant l’heure.
Trop souvent seule, trop souvent déçue.
Les responsabilités d’une mère célibataire isolée l’ont aigrie trop vite.
Cette image me hante depuis que je suis, à mon tour, sur ce seuil.
Se retourner sur le passé est dangereux.
Je suis parfois si fragile qu’un simple regard dans le rétro peut me faire vaciller.
Et pourtant, depuis quelques années — depuis son décès en août 2023, pour être précise — je me surprends à mieux comprendre ses choix de vie.
Rien, dans l’image que j’ai gardée d’elle, ne concorde avec qui je suis aujourd’hui.
Et pourtant, je lui ressemble. Bien plus que je ne le souhaiterais.
Je partage avec elle un anticonformisme instinctif, une soif de liberté, une succession de choix audacieux.
Regarder dans le rétro peut être dangereux.
Mais ce regard peut aussi être bénéfique.
Il peut offrir cet espace de compréhension tardive que seul le temps autorise.
J’ai 50 ans et un jour.
Je ne suis pas vieille.
Et encore moins aigrie de la vie.
Je comprends enfin mon parcours.
Je maîtrise enfin mon mode d’emploi.
Rien n’est simple.
Et je sais que rien ne sera jamais simple pour moi.
Je l’accepte, apaisée.
Et j’assume cette nouvelle rubrique : Dans le rétro.
Un lieu où l’on se souvient,
où les événements prennent sens.
