Jeudi 16 avril 2026
J’ai baisé.
Je craignais le pèlerinage, j’ai vécu une sorte d’exorcisme.
J’appréhendais le vestiaire, mais j’étais très à l’aise.
La nudité ne m’a jamais gênée.
Les complexes sur mon corps n’ont rien changé.
L’assurance tranquille de Papy Rock est contagieuse.
Son corps, tout en rondeur, a un charme inattendu.
Et un atout apparent indéniable.
Le regard de Papy Rock sur moi importe peu.
Visiblement, je l’excite telle que je suis.
Ça me suffit. Je n’ai pas besoin de plus.
Nos règles sont claires.
Juste deux adultes curieux d’une alchimie.
De la détente, du sexe…
Aucune obligation. Aucun engagement.
Douche. Jacuzzi. Hammam. Sauna. Coins câlins.
Je reconnais les lieux.
Mr Connard hante chaque recoin.
Le hammam. La brume, les inconnus imperceptibles. Une fellation goulue.
Le jacuzzi. Nos corps qui se cherchent dissimulés par l’explosion des bulles.
Et ce petit coin câlin… Mr Connard avait bloqué la porte pour nous assurer un peu d’intimité. J’avais, moi, entrouvert l’espace offrant une faille aux regards indiscrets.
Des souvenirs omniprésents. Et pourtant…
Je me livre aux caresses de Papy Rock.
Presque surprise d’y prendre autant de plaisir.
Après dix mois d’une abstinence léthargique, c’est un réveil en douceur.
Je retrouve le hammam.
Papy Rock est sur moi.
Dans moi.
Une main inconnue glisse sur ma peau.
Une main sombre, hésitante.
Crispation immédiate.
Papy Rock est à l’affût de mes réactions.
Il repousse fermement l’inopportun.
Comme partenaire sexuel, il est parfait.
Attentif, compréhensif… et performant.
Le buffet va fermer. On choisit quelques desserts, avant de s’installer dans les canapés proches du bar.
Sa tête posée sur mes genoux, je caresse négligemment ses longs cheveux.
Il se confie sans filtre.
Chaque anecdote de sa vie est racontée sous le prisme de la femme qui l’accompagnait alors.
Il déroule son historique amoureux comme on expose un CV pour un entretien d’embauche.
Un couple passe. L’homme nous observe en souriant. « Si c’est pas le bonheur, ça ! ».
Papy Rock acquiesce.
Je souris. S’ils savaient…
Je n’écoute plus son bavardage depuis longtemps.
Je refais le film de la soirée.
J’ai osé. J’ai repris corps.
Mais l’expérience n’a plus la même saveur.
La vue des corps nus enchevêtrés ne m’intrigue plus vraiment.
L’indifférence, voire un léger dégout a remplacé l’excitation passée.
Pourquoi ?
Et si ce genre d’expérience n’avait de sens que lorsqu’elle est vécue avec Mr Connard.
C’est le lien entre nous qui me portait.
Ses fantasmes m’inspiraient, jusqu’à devenir naturellement miens.
Papy Rock, lui, ne m’inspire pas.
Je ne regrette pas la soirée mais j’aspire à plus.
J’aspire à mieux.
Papy Rock m’a raccompagnée.
Partagée entre l’envie de corps et la peur qu’il veuille rester toute la nuit,
j’ai été maladroite.
Il a compris.
Une petite heure et il a repris la route.
Enfin seule. Prête à dormir, je n’ai qu’une envie : tout raconter à Mr Connard.
Partager l’expérience avec lui. Retrouver du sens.
A quoi bon.