Samedi 16 mai 2026
98 kg.
C’était ma priorité pour cette année. Perdre 20 kilos.
Les mois passent. Et rien. J’étais descendue à 93 kg.
Me revoilà à dépasser les 98 kg… c’est désespérant. Je ne rentre dans aucun vêtement convenable. Et dans les autres, je suis serrée à l’excès.
C’était ma priorité mais je n’y consacre ni temps, ni énergie. Plus depuis deux mois.
Et ce n’est pas aujourd’hui que je vais reprendre le sport. J’ai le dos bloqué par le réaménagement de l’appartement.
Le climat est tendu avec TROIS, mon fils de 17 ans.
Une engueulade violente hier soir. Un mot de travers et les insultes fusent. J’ai tenu bon hier.
Mais pas ce soir… Ce n’était qu’une plaisanterie pourtant.
Une discussion avec DEUX, ma fille et ses deux frères. Autour de la prise de décision. Elle envisage d’adopter mon système de décision « spéciale indécision » : pile ou face.
TROIS surenchérit en se moquant : « est- ce que maman va vendre ses livres ? Trop facile : NON ! »
Ça ne sort de nulle part. Pourquoi mépriser la seule chose qui me tient debout depuis des mois.
Il trouve ça drôle, lui. Il ne voit pas le mal. Juste une plaisanterie.
Je lui explique. Mon avenir dépend de ce que je réussis à mettre en place aujourd’hui. Je travaille plus de douze heures par jour sur mes projets éditoriaux. Mais lui n’y voit qu’un futur échec qu’on peut d’ores et déjà moquer. Ça me blesse, c’est normal, non.
Le ton monte. Les reproches tombent. On ne peut rien me dire. Je prends tout mal, quoiqu’il dise. Il en a marre de moi. Il quitte le salon, sur une insulte.
Et s’il avait raison… Je me sens à nouveau suffoquer…
Vite la cuisine. Je ferme la porte. Assise par terre entre l’évier et le plan de travail, recroquevillée sur moi-même, les larmes coulent.
L’angoisse me saisit. Aucun contrôle sur mes pensées les plus sombres. Tout revient.
Saisie de spasmes, les mots sortent. Violents.
Je ne suis qu’une merde toxique. Je fous en l’air ma vie. La vie de mes enfants. Aucun n’y échappera, pas même QUATRE mon petit dernier de 11 ans. Je le sais depuis sa naissance. Un accouchement auquel je n’aurais jamais dû survivre.
Ma fille force le barrage de la porte. Si elle avait un doute, maintenant, elle sait d’où lui vient sa tendance dépressive.
Regarde, ma chérie : je suis la pire des hypocrites. Je prétends que je vais mieux. J’ose porter l’espoir d’une guérison. Je donne l’illusion que je sais gérer maintenant.
La réalité est accablante, regarde.
J’aimerais me taire. Pleurer seule, en silence. Au sol, dans ma cuisine. Elle sort…
Je suis restée prostrée à pleurer encore une bonne heure.
Je suis épuisée. Demain, je passe la journée au lit. Une vraie journée off. J’en ai besoin.