Samedi 28 mars 2026
Le transfert des enfants chez leur père était tendu. Et c’était ma faute.
Une dispute avec ma fille. Ma rancœur envers son père. Il m’a laissée seule en première ligne toute la semaine. J’avais besoin de soutien. Il le savait. Il n’a rien fait.
Je suis rentrée chez moi, en colère. Contre lui.
Contre moi. Épuisée, je perds toute rationalité. C’est pire quand la fatigue est mentale.
Mais parfois, la colère est salvatrice : ménage effréné en rentrant. L’appartement est nickel. Séance de sport faite. La première depuis des semaines.
Un message à ma fille. Pour apaiser et la rassurer, aussi : « Je vais me reposer. Prendre soin de moi. On se retrouve dimanche. Je t’aime. ».
J’ai fini la soirée dans un bain.
Ce matin, je suis au café avec l’espoir inavoué de croiser le vigile.
Chaque matin, j’envoie un message à Mr Connard.
Je dis « Bonjour ». Il répond « Slt ». Enfin, quand il répond.
A croire que même les voyelles c’est trop lui demander.
Les premiers jours, je croyais qu’il répondait parce qu’il était disponible pour une conversation. Mais non, il ne répond que pour expliquer à quel point il ne l’est pas.
Je préfère m’en amuser. C’est devenu un jeu.
« – Bonjour.
– Slt.
– Dsp ?
– Pas après 7 h 30, non.
– Ah, tu comprends sans les voyelles toi ! ».
Ça ne mène nulle part. C’est devenu tellement absurde, que ça en devient comique.
Le pire, c’est que ça m’arrange presque. Je n’aurais pas les mots si soudainement, il acceptait de discuter.
Heureusement, aucune chance que cela arrive.
Je reprends du poids. Je repasse les paliers mais à la hausse.
Fin mars déja. Et je n’ai pas avancé dans mes objectifs. Je reste coincée au début du parcours. 5 kg perdus sur 20 à perdre.
Ma routine est encore trop perméable aux évènements extérieurs.
Le vigile ne travaille pas mais il est au café, à quelques tables. Il m’a vue.
A son sourire, je crois qu’il m’attendait.