Vendredi 3 avril 2026
Mr Connard a répondu. Un «Hello » reçu en direct.
Je croyais l’avoir braqué pour de bon cette fois. « La preuve que pas vraiment ».
En une seconde, tout mon corps a repris vie.
Une simple phrase, une micro-ouverture et je m’enflamme. Totalement.
L’euphorie a duré le temps de rentrer chez moi. En montant les escaliers, j’ai pris conscience de la réalité. Un seul message – même pas un message ouvert – non, un simple message moins fermé, et je retrouve mon étincelle de vie.
C’est tellement disproportionné.
Après tout ce temps, après tous ces efforts pour être distante et détachée… Le constat d’échec est violent.
J’ai pleuré. Mais j’ai compris quelque chose d’essentiel, ce que je refusais de voir depuis des mois.
Je suis là. Je vis. J’interagis. Mais je suis éteinte. Opérationnelle mais désincarnée.
L’évidence frappe, sans aucun contrôle. Mon corps me trahit.
Le temps, visiblement, ne suffit pas. La distance non plus.
Peu importe à quel point je décide de mettre un terme à la relation. Je me consume à un seul de ses mots.
C’est la dernière page de mon cahier. Terminer sur ce constat, ça fait mal.
J’ai commencé à écrire dans mes cahiers le 3 avril 2021. Cinq ans déjà. Un jour spécial. Un anniversaire bien particulier.
Quelle ironie. Cet anniversaire-là, je n’en avais même pas conscience.
Je n’ai pas encore trouvé le cahier suivant. C’est peut-être un signe.
Et si le cycle d’écriture s’achevait ainsi… sur une condamnation à vivre une vie sans feu ?